

Dans la course qui mène au néant
Doucement je m'étends.
A quoi bon s'exténuer
Alors que tout est futilité.


Nouvelle année. Plongées obscures.
Retour sur : lvalia
A découvrir, au fil des pages :
Et puis des scénarios de jeux de rôle, et nouveauté (!), certains sont disponibles en version pdf.
Harry se retourne et lâche un gros rôt dans la face de son compagnon de biture. Celui-ci pousse un râle et en profite pour gerber au pied du comptoir.
- Tu vois Sally, braille Harry en direction de la serveuse, c’est dommage qu’il n’y ait plus ces bons crachoirs d’antan. Cela aurait évité à Gros Joe de repeindre ton plancher.
- Ta gueule Harry ! Ce porc n’aurait même pas pu viser le pot correctement. Ramasse ta loque et tire toi d’ici. Il est temps de fermer boutique.
- Ha non ! Pas déjà ! Tu sous-estimes les capacités de Gros Joe. Il est maintenant d’attaque pour une nouvelle tournée.
Mais Gros Joe s’écroule de son tabouret et s’étale sur sa gerbe. Il dort comme un gros bébé repu la figure toute barbouillée de vomissures.
- Allez casse-toi maintenant Harry.
Sally s’avance un balai dans les mains. Sa jupe serrée moule son cul appétissant, et sa poitrine gonflée bombe son corsage blanc. Harry la regarde s’énerver en souriant. Elle est à point, se dit-il, il ne faut pas rater l’occasion. Il l’attrape brusquement par les hanches, la soulève et la pose sur le comptoir. Elle se débat frénétiquement en hurlant des insultes et le frappe de ses membres agités. Mais Harry, insensible aux coups, la tient fermement et plonge sa tête sur les seins de Sally.
Johnny est accroupi entre deux poubelles. Il scrute les étoiles en tirant de larges bouffées sur le gros joint qu’il tient dans ses deux mains. Son bonnet rouge borde ses yeux rougis. Les flocons de neige tombent au milieu de la lumière du lampadaire et Johnny grelotte au milieu des déchets et des bouteilles en verre.
Le pauvre bougre baisse la tête et aperçoit une fenêtre allumée au second étage de l’immeuble qui lui fait face. Johnny croit halluciner quand il voit la petite sirène. Une jeune femme rousse se déshabille derrière la vitre, lui dévoilant involontairement son corps féerique.
Johnny la regarde en rêvant. Son sang ne fait qu’un tour. Il se lève en titubant et se dirige vers une porte de service du vieux bâtiment. La petite sirène l’attend, il le sait. C’est à lui d’être le prince charmant.
Il ouvre la porte et déambule dans un couloir à la recherche de l’escalier. Il trébuche et s’écroule en entrant dans une salle éclairée. C’est un bar miteux qui donne sur l’avenue. Johnny se redresse en s’appuyant contre l’huisserie de l’ouverture qui vient de franchir malgré lui. C’est alors qu’il remarque un type à genoux sur un tabouret, le froc baissé, tout affairé à besogner une blonde grande ouverte qui gémit sur le comptoir. Dans cet acte d’excitation des plus intenses le tabouret vibre et se penche dangereusement. Finalement il tombe et le gaillard chute avec lui sur le plancher, la queue entre les jambes, laissant la belle toute pantelante.
Mais où était donc sa sirène ?
Métro (années 90)
Au travers des dédales du métropolitain les gens s’agitent et se bousculent. Au détour d’un couloir une femme joue de son accordéon et laisse de temps à autre chanter sa voix aigue et troublante. Allongé et la tête penchée, un homme tatoué dort en tenant entre ses doigts un mégot. Les hauts parleurs grésillent et les paroles d’une dame préviennent les aimables usagers du métro que les faiseurs de poches ont choisi la station pour travailler. Chacun dévisage alors son voisin et vérifie au moins deux fois s’il porte toujours ses affaires. Quelques gardes de la cité s’occupent à interroger un pauvre gars coloré. Une fille aux longs cheveux blonds et à la robe échancrée marche en dévoilant des pans de ses cuisses dorées. Un malheureux attend paisiblement qu’une personne vienne lui acheter un des bibelots étalés sur un tissu posé sur le sol gris du souterrain. Et le métro surgit, puis disparaît.
Aujourd’hui (années 2000), il faudrait rajouter dans le décor quelques caméras de surveillance.